Exclusivité Tolkiendrim – Interview de Luke Evans

Découvrez l’interview de Luke Evans (Bard), réalisée lors du passage de Benjamin sur le tournage du film Le Hobbit  !

Luke EvansCrédit photo : Warner Bros.

 

Assis en face de nous, Luke Evans est encore revêtu de son costume de Bard.

 

C’est une longue scène que vous tournez actuellement. Vous la tournez encore et encore. Est-ce une bonne chose ?

Luke Evans : – C’est difficile, très difficile de répéter autant de fois, mais c’est ainsi, quand vous tournez des films, et Peter aime faire beaucoup de prises, il aime avoir le choix. Il voit de petites nuances dans chacune d’elles. Donc vous faites confiance au réalisateur et vous faites avec. Mais c’est également agréable de travailler avec Gandalf et Bilbo. C’est toujours agréable. Alors oui, ça a été une belle journée.  Dale est un endroit agréable pour travailler parce que c’est la ville de mes ancêtres, des ancêtres de Bard. Je sens l’esprit de Girion ici.

Mais c’est un moment triste, n’est-ce pas ?

Luke Evans : – Très triste et désespérant. C’est un moment vraiment très triste.  Ils ont donné tout ce qu’ils avaient et maintenant ils n’ont plus rien. Plus rien. Il ne reste plus qu’un seul archer. Je ressentais vraiment ce que je disais dans mon texte : « Il n’y a plus aucun archer, juste moi, Je suis le dernier. »

 

Lorsque vous refaite une scène, essayez-vous différentes choses, comme Martin Freeman ou gardez-vous toujours la même interprétation ?

Luke Evans : – Je fais en sorte de m’en tenir à une idée générale. Mais chacune des prises est légèrement différente. Plus vous rejouez la scène, plus vous commencez à changer de petites choses. C’est comme pour le monologue de fin. J’ai essayé différentes choses comme de mettre l’accent sur différentes parties du texte et à des moments différents de la scène. Lorsqu’une scène longue est émouvante, si vous faites de nombreuses prises, parfois l’émotion vient à la fin du monologue ou alors… par exemple quand je regardais Bilbo ce matin, le fait de l’écouter parler m’a beaucoup ému parce que c’est un moment très fort, très poétique.

Mais il y a aussi cette tragédie et tous ces regrets. Bard avait seulement entendu parler de Dale au travers des histoires. Il n’y était jamais venu, de toute sa vie. Il en avait seulement entendu parler et savait que ses ancêtres en étaient originaires, et maintenant il se retrouve là. Dans l’esprit de Bard il y a toujours eu cet espoir d’un jour rallumer les feux de Dale, et de la ramener à la vie telle qu’elle était avant, il y a de cela des centaines d’années. Mais à cet instant, il ne voit rien d’autre que le massacre, la mort et le carnage. Il voit  juste un endroit d’où l’on ne revient pas.

 

Qu’avez-vous apprécié le plus dans ces trois films ?

Luke Evans : – Qu’est-ce que j’ai apprécié le plus ? C’est une question vraiment difficile. J’ai vraiment aimé travailler avec Peter. J’aime la façon dont il travaille, sa façon de diriger et j’aime son souci du détail. Sur le plateau, il ne vous presse pas, il vous permet vraiment de vous sentir à l’aise et vous donne la possibilité de tourner beaucoup de prises, ce qui est un cadeau pour un acteur, vous savez, parce qu’on a vraiment envie d’essayer des choses différentes. Oui, je pense que ce que j’ai le plus apprécié c’est d’avoir Peter comme réalisateur.

 

Y a-t-il des moments héroïques mémorables pour vous dans ce troisième film ?

Luke Evans : – Oh mon Dieu, oui ! Il y en a énormément. Bard est un archer, il a été entraîné depuis qu’il est un jeune garçon. Il est très bon avec un arc et des flèches. Dans le troisième film, il doit ramasser une épée et se battre avec, ce qui n’est pas son arme naturelle, mais je pense qu’il se débrouille bien. Il combat des Orcs qu’il n’a jamais vus avant. C’est un homme simple, il ne s’est jamais retrouvé dans cette position. Alors oui, Il conduit les hommes, il mène l’armée des hommes, de façon admirable.

 

A votre avis, quel impact ce blockbuster aura sur votre carrière ?

Luke Evans : – Je souhaiterais que ça l’affecte positivement. Lorsque quelques milliards de personnes regardent un film au fil des ans, vous espérez que cela ait un impact. Bien sûr, il aura un impact ! Plus le film est aimé, plus le personnage est aimé et plus il laissera comme “un bon goût dans la bouche”. Je pense qu’il a déjà eu un impact sur mes futurs projets depuis Le Hobbit. Il n’est même pas encore terminé et pourtant déjà, le fait de faire partie d’une telle franchise et d’un film aussi énorme a déjà eu des incidences. Ce ne peut être qu’une bonne chose, je l’espère, que de faire partie d’un film comme celui-là.

Viggo Mortensen a déclaré que Le Seigneur des Anneaux lui a permis de faire ce qu’il veut de sa vie. Il peut tout choisir sans problèmes, sa vie a changé de manière très positive.

Luke Evans : – C’est une bonne chose, n’est-ce pas ? Être acteur, ce n’est pas une carrière facile. Tout peut être dû au hasard,  il y a des hauts et des bas. J’ai certainement vécu beaucoup de bas dans ma carrière. C’est bien que Viggo se sente ainsi et il qu’il puisse être libre en tant qu’acteur, de choisir des projets. Oui, c’est une belle chose.

 

Vous avez participé à des films de plus en plus importants ces dernières années. Avez-vous toujours l’impression de faire partie de la machine hollywoodienne en tournant ici ou vous sentez-vous déconnecté ?

Luke Evans : – En quelque sorte oui, déconnecté, principalement parce que la taille de ce film n’est en rien comparable avec d’autres films à gros budget dans le monde. C’est un cadre extrêmement professionnel. Il y a un peu d’Hollywood dans ce que vous voyez, mais le reste est complètement différent. L’atmosphère est très différente de n’importe quel autre plateau de cette taille. Sans doute parce que nous sommes en Nouvelle-Zélande et que les Kiwis ont une qualité de vie très naturelle. Ils jouent en équipe, c’est la raison pour laquelle ils ont une bonne équipe de rugby.

Mais il n’y a pas de hiérarchie, tout le monde est pleinement investi et vous n’entendrez jamais personne se plaindre. Tout le monde travaille très dur, et tout le monde passe un bon moment. Il y a toujours une bonne ambiance, et je pense que tous ceux qui travaillent sur le film y contribuent. Cela va du personnel de la restauration, en passant par les femmes de ménage et les gars qui s’occupent des caravanes. Tout le monde est concerné : maquilleuses, costumières, électriciens, l’équipe de tournage. Peter, les producteurs, les acteurs… Tout le monde contribue à cette atmosphère très agréable, et c’est ce qui rend ce tournage unique.

Je me souviens avoir quitté ce tournage et m’attendre à retrouver la même atmosphère sur un autre plateau, mais c’était totalement différent. Alors revenir ici était très agréable ! Quand vous arrivez dans cet endroit, c’est comme si  vous enleviez votre manteau de l’autre monde et basculiez en Terre du Milieu.

 

Ce matin nous vous avons vu participer à une scène de combat. Aimez-vous le côté physique de votre métier ? vous sembliez vous amuser, avez-vous reçu une formation ?

Luke Evans : – Oh absolument, Oui ! Même si je n’ai appris cette séquence que ce matin, je me suis entraîné pendant des semaines auparavant. Je suis ici depuis une vingtaine de jours, et je me suis entraîné avec les cascadeurs, car il y a beaucoup d’autres séquences à venir. Ce sera différent et beaucoup plus important. Il y aura des Orcs et des éléments de décors différents, c’est génial. Mais c’est physiquement éprouvant.

Si j’enlevais mon costume vous verriez des bandages pour soutenir mon poignet et ma main, parce qu’il faut que tous les mouvements aient l’air vrais. Vous frappez des hommes, ces orques sont énormes, beaucoup plus grands que vous, donc vous devez avoir l’air de vous battre, et en réalité vous devez vraiment le faire dans une certaine mesure. Donc oui, vous devez vous protéger. J’ai porté ces bandages aujourd’hui, et ce soir je mettrai de la glace, ça fait partie du travail. J’ai aussi quelques petites coupures.

 

A propos de Bard, sera-t-il aidé par la grive comme dans le livre ?

Luke Evans : – Non je ne pense pas, l’oiseau a raccroché ses plumes pour ce boulot. Ce serait bizarre à transposer dans le film, c’est pourquoi je pense que Bain, mon fils sera celui qui évoque l’écaille délogée par mon arrière, arrière, arrière, grand-père.

 

En parlant de votre fils, pouvez- vous nous parler de vos enfants dans le film ?

Luke Evans : – Oui, j’en ai trois, deux filles et un garçon. La plus grande des filles s’appelle Sigrid, qui doit avoir seize ans, jouée par Peggy Nesbitt. Ensuite il y a Bain, mon fils, joué par John Bell, il a environ quatorze ans dans le film. Et puis nous avons la petite Tilda, jouée par Marie Nesbitt.  les filles sont toutes les deux soeurs dans la vraie vie. Elles sont les deux filles de James Nesbitt (Qui joue le rôle de Bofur. Ndlr).

Bard n’a pas de femme, elle est malheureusement décédée et ses enfants sont tout pour lui. C’est un père de famille, au bout du compte. Sa famille, c’est tout ce qu’il possède dans l’horrible endroit qu’est Lacville. Il ne vit que pour ses enfants et fait ce qu’il peut pour s’assurer qu’ils aient à manger et un endroit chaud pour dormir. Ils sont merveilleux, et font partie intégrante de son histoire.

Êtes-vous protecteur à leur égard lorsque vous êtes sur le plateau ?

Luke Evans : – Oui ! Surtout avec le jeune Bain, John Bell. Il se débrouille déjà si bien, en tant que jeune acteur, et il est très enthousiaste. C’est adorable de le voir faire. Il a tenu une épée pour la première fois sur ce tournage, et il se bat contre quelques Orcs. Il adore ça ! Il demande souvent des conseils, sur des détails. Des choses, qu’après les avoir fait pendant douze ou quinze ans, vous semblent évidentes. Mais vous vous rendez compte que ce garçon apprend sur le tas, et c’est difficile. Parfois, il suffit de lui donner une petite astuce. Et puis moi j’en apprends de Ian McKellen. C’est donner et recevoir en retour.

 

Quelle a été votre réaction en arrivant sur ces films ?

Luke Evans : – C’est vraiment passionnant, vraiment excitant ! Je n’ai pas réalisé tout de suite car j’ai eu le rôle alors que volais vers la Nouvelle-Orléans pour tourner sur un autre film. J’étais sur le point de jouer un personnage assez sombre, et je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser l’ampleur de ce qu’il venait de se passer, et de ce que l’on venait de m’offrir. Mais ça a été une aventure et une expérience géniales! Et d’apprendre qu’il faut revenir et tourner des scènes supplémentaires durant deux mois ? personne ne tourne deux mois de plus. Ce film est le seul à le faire et c’est génial ! C’est magique. Tout le monde est super, adorable et j’ai des amis dans ce film qui sont comme de la famille. C’est très spécial.

 

Avez-vous déjà porté votre armure lors de la bataille des cinq armées ?

Luke Evans : – C’est ce que je porte en ce moment. Je n’ai pas d’armure. Bard change juste son manteau de cuir (un grand manteau en peau d’animal) pour une cotte de mailles, une épée et une sorte de vieux manteau bleu qu’il trouve dans l’armurerie. Voilà. Il n’y a pas de grands changements vestimentaire pour Bard.

 

Quelle était votre relation avec les livres de Tolkien avant de rejoindre ce projet ?

Luke Evans : – J’ai lu Le Hobbit. J’avais essayé de lire Le Seigneur des Anneaux mais je suis un lecteur très lent, et ce n’est donc pas le meilleur livre pour commencer dans ce cas, c’est un peu gros. Mais je connais les livres, et oui,  j’ai lu le Hobbit.

 

Après l’avoir lu, vous imaginiez-vous être un personnage différent du vôtre ?

Luke Evans : – C’est difficile, car la première fois que je l’ai lu j’étais très jeune, et la seconde c’est après avoir obtenu le rôle. Mais je pense être à ma place, dans le rôle de Bard. Je pense être suffisamment « Bard– ien ». Je ne pense pas être un Thranduil, mais j’aurais pu être un nain. Thorin est un personnage fantastique ! J’aurais probablement aimé être Thorin. C’est un grand rôle.

Richard Armitage (qui joue Thorin. Ndlr) a dit qu’il se voyait en tant que Bilbo quand il a lu le livre.

Luke Evans : – Oh ? C’est intéressant. Sa voix est trop profonde pour Bilbo. Il est trop magistral. Cela aurait été drôle de voir ça. Moi je suis très heureux d’être Bard. Très heureux.

 

– Fin de l’interview –

Retour vers le journal de Benjamin sur le tournage du Hobbit

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