Exclusivité Tolkiendrim – Interview de Martin Freeman

Découvrez l’interview de Martin Freeman (Bilbo) réalisée lors du passage de Benjamin sur le tournage du Hobbit.


Martin Freeman
Crédit photo : Warner Bros.

 

Martin porte son manteau bleu à fourrure blanche aux manches et au col, sa chemise de lin, sa cote de Mithril, sa perruque, ses oreilles, ses pieds, et son maquillage donne l’illusion qu’il est sale et légèrement blessé..

 

On vous a vu refaire la scène en l’interprétant différemment, la dernière prise vous plaisait mieux. Tourner avec Peter Jackson vous permet d’être libre dans votre jeu d’acteur ?

Martin Freeman : – Oui lorsque c’est nécessaire. Parfois, Peter a besoin de cela. C’est un processus de collaboration, évidemment, et cela fonctionne mieux ainsi. Et c’est vrai que c’était mieux. Et si je ne suis pas heureux avec ce que je fais, ou si elle n’a pas été préparée… Une scène peut parfaitement fonctionner quand vous la lisez, mais être très différente à jouer.

Lorsqu’il y a quelque chose qui cloche, je le dis à chaque fois, et Peter veut me l’entendre dire. Et cela n’arrive que lorsque vous jouez la scène. Tout le reste avant n’est que de la théorie. Tout est hypothétique jusqu’à ce que vous le fassiez (…) J’essaie toujours de résister à la tentation de deviner ce que sera le résultat, avant de l’avoir effectivement fait. Parce que c’est comme frapper dans un ballon de football, vous ne savez pas vraiment où il va aller jusqu’à ce que vous essayiez. Tant que vous n’avez pas joué votre texte, vous ne savez pas si cela va fonctionner parfaitement ou non.

 

Les prises d’aujourd’hui sont assez longues, est-ce que ça aide de procéder ainsi ?

Martin Freeman : – Oui, car beaucoup de prises ne sont pas aussi longues. Il y a beaucoup de scènes d’action évidemment, et je passe aussi beaucoup de temps dans le film à ne pas dire grand-chose. Mais lorsque vous êtes actif et impliqué dans un moment dramatique, c’est plus facile si la scène est longue. Alors que si la prise ne dure que vingt secondes, à peine vous commencez à jouer qu’elle est déjà terminée. Actus Interruptus. Ce n’est pas aussi plaisant que de laisser libre court à son jeu d’acteur.

 

Dans cette scène vous étiez très actif au combat, tuant des orcs , ce qui est très différent du caractère que nous avons vu dans le premier film. Que pensez-vous de l’évolution de Bilbo ?

Martin Freeman : – Oui, à ce stade il est un peu plus à l’aise mais Bilbo n’aimera jamais se battre et il n’aimera jamais tuer qui que ce soit. Il a encore peur.

 

Il n’en avait pas l’air (rires)

Martin Freeman : – Il n’en avait pas l’air ? Merci… cela veut dire que j’étais nul, alors ! Cela veut dire que je n’ai pas fait mon putain de travail. Nous ferions mieux de retourner la scène.

Oui, il est juste plus habitué. Par la force des choses il a du en faire davantage que ce qu’il avait fait en deux ans, depuis le début de son voyage. Et c’est un long voyage, il n’a pas duré juste quelques semaines. Bilbo a changé dans le sens où il se sent plus capable, il est moins dégoûté par la vue du sang ou la pensée de combattre, qu’il pouvait l’être au début de l’aventure.

 

Il y a une bataille épique dans le troisième film. Comment était le tournage ?

Martin Freeman : – Nous sommes en train de le faire, actuellement. Tout cela fait partie du troisième film, c’est un peu décousu. C’est un processus très long. Ici il n’y aura qu’une partie de la bataille. La bataille entière fait la taille de la ville de Londres, ce qui implique des centaines de milliers de combattants. Je pense que le tournage sera un mélange de nous au milieu de cascadeurs et de créatures numériques, je suppose que vous le savez. Mais ce qui me plaît le plus, c’est lorsque l’on voit ces moments emprunts d’humanité au milieu de tout cela, et que l’on se sent touché.

Je pense que Peter Jackson est très bon pour ce genre de chose. Il vous place à l’écart d’une énorme scène d’action afin de montrer réellement la valeur d’une vie, de façon à créer une connexion avec le personnage plutôt que juste voir un gars combattre. Mais j’aime aussi un peu me battre et je veux le faire. Évidemment, je ne suis ici que pour un certain temps et il y a certaines choses que je ne peux pas faire aussi bien que ma doublure. Mais si j’en suis capable, je tiens vraiment à les faire. Je veux que ce soit moi et pas Brett (Doublure de Bilbo mais aussi de Gimli dans le Seigneur des Anneaux. Ndlr) ni un visage numérique de mon personnage sur un cascadeur.

 

Bilbo prend part à la bataille !

Martin Freeman : – Oui, je pense qu’on verra un peu plus Bilbo. Nous avons beaucoup de personnages très riches dans le film, alors ce ne sera pas uniquement moi contre deux autres gars. Vous verrez beaucoup de choses. Pour dire la vérité, je n’ai pas vu le script, je n’ai pas vu celui du troisième film. Je ne pense pas que quelqu’un l’ait lu. Mais Bilbo s’implique vraiment. Il est couvert de sang d’orcs, il participe à la bataille, il se fait un nom. Il a clairement amélioré ses capacités à combattre. Je pense qu’il est encore fragile, mais par miracle il a appris à se défendre.

 

Allez-vous garder un souvenir du film, les pieds de Hobbit peut être ?

Martin Freeman : – Certainement pas les pieds. Non, j’en ai assez vu des pieds ! Non, j’ai pris la robe de chambre de Bilbo, en réalité elle m’a été offerte . Dard. J’ai pris une réplique de Dard. Vous savez il n’y a pas beaucoup de choses à emporter, il n’y a pas grand chose qui soit vraiment portable, ou qui tiendrait dans ma maison. Parce que même les choses qui semblent plutôt petites dans ce film pourraient en réalité occuper la moitié du salon. Non, je suis très heureux avec ma robe de chambre.

 

Aviez-vous imaginé à quel point ce serait intense de participer à ce film ? Avez-vous demandé conseil auprès des anciens du Seigneur des Anneaux ?

Martin Freeman : – Non, j’ai toujours fait confiance à Peter, il m’a fait me sentir suffisamment en sécurité pour que je puisse trouver mon propre chemin, et heureusement, c’est ce qu’il s’est passé. Mais oui, évidemment, je savais que ça allait être un gros travail, une tâche longue et difficile, et je savais que les gens le verraient. C’est le genre de film où vous savez que vous aurez un public.

 

Diriez-vous que c’était un Voyage Inattendu ?

Martin Freeman : – Oui, je dirais exactement cela. Je le dirai encore et encore, à toute la presse du monde et en plusieurs langues !

 

Mais quel voyage !

Martin Freeman : – Que de chemin parcouru. Absolument !

 

Vous entamez la dernière partie du tournage. Est-ce un soulagement que cela soit bientôt terminé ?

Martin Freeman : – Oui, comme avec tous mes rôles. Je veux que chaque chose ait une fin. Parce que c’est ce qui doit se passer. Pour moi, l’idée que quelque chose touche à sa fin est une raison pour le fêter vraiment, surtout si vous avez apprécié. Je veux que ça se termine. Vous passez si longtemps sur un travail comme celui-ci, qu’une partie de vous ne peut pas croire tout cela finira et une autre partie ne peut pas croire que tout cela sera vu.

C’est comme faire un film à la maison. Vous êtes complètement isolé ici, vous êtes dans une sorte de bulle « Kiwi » et quand votre film traverse le monde, vous vous souvenez : « Oh, mon Dieu, oui, c’est pour qu’il soit vu par d’autres personnes ! » Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un ici qui ne soit pas impatient d’y mettre fin. Y compris Peter, j’en suis sûr.

 

Vous venez du monde de la télévision, vous avez joué le rôle du Dr. Watson dans la série Sherlock. Avec des séries comme « Game of Thrones » pensez-vous que les « codes » de la télévision ont changé, est-ce différent de travailler pour une série ?

Martin Freeman : – Il me semble qu’il y a moins de frontières maintenant, entre la télévision et le cinéma. Il n’y a plus ce snobisme qui dit qu’une fois que vous faites un film, vous ne faites plus de télévision. Aujourd’hui il y a tellement de programmes télévisés de qualité que cette théorie ne tient plus debout. Beaucoup d’entre eux sont américains, ou européens. Je ne sais pas ce qu’ils diffusent en Mongolie, mais je suis certain qu’il y a aujourd’hui de bons programmes télé partout dans le monde.

Que ce soit la télévision le théâtre ou le cinéma, de façon toute personnelle, j’aime naviguer entre ces disciplines et savoir que je fais du bon travail. En fait, par “bon travail” je veux dire que ce soit bien filmé, bien écrit, bien réalisé, et ensuite j’essaie de faire de mon mieux. Mais je pense que c’est une période faste pour la télévision, Je ne pense pas qu’elle ait jamais été en meilleure santé, parce que c’est peut être la première fois où elle peut jouir d’un complexe de supériorité par rapport au cinéma. Je veux dire, beaucoup de DVD que les gens regardent chez eux et qu’ils adorent sont issus de la télévision.

 

– Fin de l’interview –

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